Serge Otsi Simon, Grand Chef du conseil mohawk de Kanesatake et la crise d’Oka.

Serge Otsi Simon, Grand Chef du conseil mohawk de Kanesatake et la crise d’Oka.

1990 (Le 11 juillet), un affrontement entre la police du Québec et les Mohawk (de Kanesatake) fait un mort, le caporal Marcel Lemay, tué par balle pendant l’assaut. Cet épisode a été  appelé la crise d’Oka, ou l’été des Indiens. Le conflit concerne le projet du maire de la municipalité d’Oka, Jean Ouellette, de créer un terrain de golf et un quartier résidentiel sur des terres Mohawk. En signe de protestation ces derniers érigent des barricades,

Il faudra attendre la mort du caporal pour voir le ministre québécois des Affaires autochtones, John Ciaccia s’occuper du conflit. Dans l’incapacité du Québec de gérer la situation c’est le gouvernement fédéral qui prendra les choses en main en envoyant l’armée pour rétablir l’ordre public. Partout au Canada, les peuples autochtones se réveillent et soutiennent les revendications mohawk. Des manifestations ont lieu partout au pays et on élève des barricades en Colombie Britannique et dans le nord de l’Ontario en signe de solidarité. Le pont Mercier (lien routier stratégique pour accéder à Montréal)  est bloqué  Le siège durera 78 jours.  Ni la guerre, ni tout à fait la paix, la crise d’OKA va marquer de façon indélébile les relations entre les amérindiens et l’État québécois. Elle rappelle l’impossible communication entre Indiens et Blancs qui à hélas toujours existée.

La crise d’Oka deviendra le symbole des revendications autochtones, et de l’incompréhension. Ce conflit restera dans la mémoire de tous et les médias ne se priveront pas de le rappeler à la moindre occasion.

« Je n’ai pas vraiment compris la gravité de la situation jusqu’à ce que je réalise que nous étions  les méchants ». Roxann Whitebean, Mohawk et cinéaste

Le conflit à Oka n’est pas étranger à la naissance du mouvement Idle No More, ainsi qu’aux demandes d’enquête sur les femmes autochtones disparues et assassinées. Cette « prise de conscience » aurait aussi inspiré des mouvements autochtones un peu partout en Amérique, dont en Bolivie.

2019 (juillet) – Oka, une fausse crise

Grégoire Gollin, promoteur immobilier, affirme avoir signé un accord avec le Conseil mohawk de Kanesatake afin de restituer une parcelle de 60 hectares  qui avait été au cœur de la «crise d’Oka», et ce, dans le cadre du Programme des dons écologiques du gouvernement fédéral. Il espère maintenant que l’entente sera ratifiée rapidement et qu’elle servira d’inspiration aux propriétaires fonciers de tout le pays.

Le maire d’Oka s’oppose catégoriquement à la rétrocession de ces terrains aux Autochtones.

Dans une lettre ouverte publiée sur les réseaux sociaux Serge Otsi Simon, Grand Chef du conseil mohawk de Kanesatake, tient à rassurer et souligne que sa communauté ne recherche que « la paix et la cohabitation harmonieuse ». Il ne veut en aucun cas retrouver les confrontations de 1990, en encore moins de voir raviver les vieilles blessures.

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Le Grand Chef souligne les progrès réalisés en trente ans par le gouvernement fédéral, tout en désavouant ce dernier pour sa négligence à dénouer l’impasse sur le statut des territoires de Kanesatake. Il rappelle  que vers 1870 des colons français et des Mohawk ont planté ensemble des pins pour stabiliser la colline balayée par le vent. Il souhaite que chacun (quel que soit son origine) se rappelle de cette histoire pour éviter de nouveaux affrontements.

Des citoyens de la ville d’Oka accusent leur maire Pascal Quevillon de chercher à créer de toute pièce un conflit qui n’existe pas dans le but de régler des comptes et de se donner du prestige auprès des médias.

A suivre…

Nous adressons à Serge Simon toute notre sympathie et notre désir de voir ses problèmes se résoudre définitivement. Avec toute notre amitié.

Four WINDS