RAPPEL

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POW-WOW 2018
En 1998, il y aura bientôt vingt ans, l’association Four WINDS, dont le but est de faire connaître et reconnaître les peuples premiers des Amériques, décidait d’organiser un pow-wow.

Le pow-wow prend ses racines chez les Indiens Pawnees, il y a plus de 2 siècles. Les guerriers se réunissaient pour danser et célébrer leurs exploits et leur bonne fortune. Cette coutume se serait en suite répandue aux autres nations amérindiennes et petit à petit transformée en une grande réunion familiale qui donnait à la tribu entière l’occasion de se réunir, de danser, de chanter, de renouveler de vieilles amitiés et d’en créer de nouvelles. Les pow-wow d’aujourd’hui sont généralement « intertribaux ». Ils offrent l’occasion d’organiser des concours de danse ou des foires pour l’artisanat traditionnel. Ils sont devenus l’un des principaux moyens de l’expression de l’identité amérindienne et de la sauvegarde de leurs cultures.

En 2018, se tiendra dans la ville d’Ornans, le 10ème Pow-wow. Des dates importantes à retenir (juin 29 et 30, 1er juillet) pour cette dixième édition qui fêtera ses 20 ans.

Revenir vers l’histoire : La plupart d’entre-nous ne connaissent les « indiens » que par les films ou les séries télévisées produits par Hollywood. Les producteurs, ont pendant des années, perpétués des stéréotypes discriminatoires sur une période d’une cinquantaine d’année de l’histoire des Natifs américains. Mais comment vivaient-ils avant, et que sont-ils devenus aujourd’hui ? On entend pratiquement jamais un autochtone raconter sa propre histoire. Même dans les meilleurs films (Cœur de tonnerre, Danse avec les loups, la flèche brisée) c’est toujours un blanc qui raconte l’histoire.

Grâce au Pow-wow, Four Winds et Ornans entendent informer un large public sur la réalité autochtone en donnant la parole aux amérindiens. C’est à eux, et à eux seuls qu’il appartient de nous faire connaître leur histoire, dans laquelle s’inscrit aujourd’hui leur reconstruction. Une reconstruction pour laquelle ils doivent se battre sur bien des fronts, à commencer par celui de la sauvegarde de leurs valeurs traditionnelles, fondements majeurs de leurs sociétés.

Quelques mots sur l’édition 2018. Depuis l’origine, il a été d’usage d’inviter des nations ou des groupes d’individus peu ou pas connus. Les « huichol » et leur cérémonie du feu, comme les « gans » (Apaches) et leurs dances sacrées sont dans la mémoire de ceux qui ont eu la chance, et le plaisir, de les accompagner dans leurs prestations. Les possibilités qui s’offrent à nous sont multiples et nous avons beaucoup de difficultés à faire des choix.

Pour l’édition 2018 nous avons décidés de donner du temps à deux grands groupes : Les nations du Québec : Ce sont les premiers habitants de la province de Québec au Canada. Ils se composent de dix nations amérindiennes distinctes par l’ethnie, la langue, la culture et l’histoire. Ces nations sont réparties dans 55 communautés pour une population légèrement supérieure à 50.000 personnes, soit un 1% de la population totale de la province. Les autochtones québécois sont politiquement et collectivement représentés par L’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL). Les pêcheurs, puis colons, marchands et missionnaires français sont les premiers Européens qui ont entretenu des contacts suivis avec les peuples vivant dans ce qu’on appelle aujourd’hui le Québec. Très vite les Français et les Autochtones avaient ainsi établi des relations complexes d’interdépendances. La France voyait dans les nations autochtones des alliés sur lesquels elle comptait pour la survie de ses colons et la prospérité du marché des fourrures. Les Autochtones commerçaient, établissaient des alliances militaires, et se mariaient avec les Français. Les relations diplomatiques entre les Français et les peuples premiers du Canada cessent en 1763 (traité de Paris) avec le transfert de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne. Les interactions sociales et économiques se continueront néanmoins à l’intérieur du pays.

Les nations de Guyane : Depuis des millénaires présents en Guyane les autochtones représentent moins de 5% de la population guyanaise. Ils se répartissent en 6 ethnies. C’est en 1624 que vont s’installer les premiers colons français. A la fin des guerres napoléoniennes, la Guyane va connaître une période très prospère grâce à l’esclavage. C’est en 1854, que Napoléon III fait construire le célèbre bagne de Cayenne. La commune de Saint-Laurent-du-Maroni devient le centre administratif du système pénal, vers lequel seront envoyés près de 90 000 hommes et 2 000 femmes, dont plus d’un tiers décédera en Guyane. Au début du siècle dernier la ruée vers l’or va décimer la population autochtone. En 1946, la Guyane obtient le statut de département français, mais le territoire a beaucoup de peine à décoller économiquement et les amérindiens (français comme nous) survivent dans une indifférence générale. Victimes de l’orpaillage, d’empoisonnement au mercure, de lois inadaptées à leurs réalités, ils demandent aujourd’hui que leurs droits soient respectés au même titre que les autres citoyens de métrople.