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POW WOW D’ORNANS 2018

POW WOW D’ORNANS 2018


La Ville d’Ornans (25) accueillera la 5e édition de « Danse avec la Loue ».
De renommée internationale, le prochain Pow Wow « Danse avec la Loue » se déroulera à Ornans du 29 juin au 1er juillet 2018. Organisé en partenariat avec l’association Four Winds, dont le but est de faire connaître et reconnaître les peuples premiers des Amériques, cet événement est également l’occasion pour tous de multiplier les échanges pour découvrir ou comprendre une culture et des valeurs.
Le Pow Wow prend ses racines chez les Indiens Pawnees, il y a plus de deux siècles, quand les guerriers se réunissaient pour danser et célébrer leurs exploits. Cette coutume se serait ensuite répandue aux autres nations amérindiennes et petit-à-petit transformée en une grande réunion familiale qui donnait à une tribu toute entière, l’occasion de se réunir, de danser, de chanter, de renouveler d’anciennes amitiés ou d’en créer de nouvelles. Aujourd’hui, les Pow Wow sont généralement « intertribaux » et c’est le cas aussi de celui d’Ornans. Dix grandes nations du Québec, quatre des USA réparties dans 55 communautés ainsi que six ethnies de Guyane sont invitées pour le rassemblement de 2018. Plus d’une soixantaine d’Amérindiens sont attendus pour cette nouvelle édition. Au programme : des danses, des conférences, un concert, des rencontres, un marché artisanal amérindien et bien sûr des animations (maquillage, lectures…) et des espaces de restauration.
Rendez-vous vous est donc donné au tout début de l’été 2018, à ne pas manquer !https://4winds.info/ https://www.facebook.com/Association-Four-Winds / vision4winds@orange.fr / www.ornans.fr https://www.facebook.com/powWowOrnans/

Mort de Dennis Banks à 80 ans

Mort de Dennis Banks à 80 ans

Dennis J. Banks, de la Nation Chippewa et co-fondateur de l’American Indian Movement (AIM) en 1968, est décédé le 29 octobre 2017 à la Mayo Clinic de Rochester (Minnesota). Il avait 80 ans.

M. Banks et son compatriote Russell Means (décédé en 2012), Oglala Sioux, étaient peut-être, au milieu des années 1970, les Amérindiens les plus connus du pays depuis Sitting Bull et Crazy Horse.

Dennis a passé sa vie à mener des insurrections (parfois violentes) pour protester contre le traitement de ses frères Amérindiens et trouver des solutions à leurs besoins fondamentaux. Son combat aura été de préserver leur belle culture de la disparition. L’emblème de l’AIM était un drapeau américain à l’envers, ce que Banks appelait le signal de détresse international.

« Ce que nous avons fait, nous l’avons fait pour la septième génération à venir… Nous n’avons pas fait ces choses pour nous-mêmes… [mais] pour que la septième génération puisse naître libre »

Dennis Banks

Il devrait être enterré dans sa communauté de Leech Lake au Nord du Minnesota.

Plus d’informations sur la vie de Dennis Banks sur Wikipedia et le New York Times (en anglais – traduction en français possible en activant l’option Google traduction)

Dennis Banks, American Indian Civil Rights Leader, Dies at 80 – New York Times 2017.10.30

La marche de la Loue : 3 jours pour convaincre

La marche de la Loue : 3 jours pour convaincre

La « MARCHE AVEC LA LOUE » s’est terminée sous un soleil complice.
Notre évènement a été accompagné par plus de 300 personnes pendant les trois jours.
France 3 a suivi cette marche et nous avons trouvé leur film et leur article (ci-dessous) à la hauteur de la manifestation. Un grand Merci à toute l’équipe.

 

 

Texte d’Isabelle Brunniarus, France 3 Bourgogne-Franche-Comté

C’est l’histoire d’une goutte d’eau. Elle tombe inlassablement sur une pierre sans jamais se résigner. Un jour, la pierre commence à céder et l’eau laisse sa marque. Comment imaginer qu’un petit rien puisse donner un grand tout ? Pour les Amérindiens, leur force mentale, leur prière nourrissent leurs actions. Et s’ils savent brandir leur colère comme à Standing Rock, ils veulent aussi miser sur la propagation d’une forme d’onde positive, cette goutte d’eau qui, mine de rien, fait son chemin. La marche de la Loue s’inspire des marches de l’eau des États-Unis. Deux porteuses d’eau ont franchi l’océan atlantique pour tenter de convaincre les habitants de la vallée d’un message tout simple : l’eau, c’est la vie et il faut la respecter. Une évidence que l’on a tous tendance à oublier.

Les années précédentes, l’association Four Winds avaient proposé à des milliers de personnes à assister aux Pow Wow, des cérémonies amérindiennes, à Ornans. Cette fois-ci, il s’agit d’accompagner les porteuses d’eau dans leur marche de la Loue pour «éveiller les consciences» des Francs-Comtois.

Avec Laurent Brocard et Mehdi Bensmaïl, nous avons tenté de vous restituer cette ambiance particulière : participer à une rite amérindien sans être imprégnés au quotidien de cette culture. Sur ces trois jours de marche, plusieurs centaines de personnes ont suivi et écouté Fawn Galvan, Zyanya Hawk et le Chaman Dennis Yellow Thunder. Des femmes ont enfilé une jupe pour pouvoir porter l’eau, habit indispensable traçant un cercle symbolique au sol. Les hommes pouvaient, eux, tenir un bâton protecteur. Il a été confectionné par Stéphane Skora, un des membres de Four Winds : le bois a trempé dans les eaux du Mississipi qui reçoit les eaux du Missouri, cette rivière à l’origine du combat de Standing Rock et les plumes viennent de la vallée de la Loue. Sa petite fille Jana a été choisie pour «porter une charge symbolique de veiller sur la Loue». La cérémonie d’«intronisation» doit avoir lieu dimanche matin. Et, l’eau prélevée par les porteuses d’eau à la source du Pontet sera reversée dans la Loue en plein cœur d’Ornans. Entre temps, l’eau aura séjourné dans du cuivre, elle se sera «purifiée» pendant cette marche spirituelle et devrait à son tour agir sur les eaux de la Loue. Des conférences sont également prévues pour clôturer ces trois jours faits de symboles et de dénonciations.

La cérémonie à bien eu lieu en présence de Monsieur le Maire et de sa première adjointe, sous les chants de «Cœur de Lou(v)e», la chorale d’Ornans. Au moment précis où l’eau a été reversée dans la rivière les cloches de l’église Saint Laurent se sont mises à sonner. Un moment d’intense émotion que le public, nombreux sur la passerelle, n’est pas prêt d’oublier.

La salle comble de la place St-Vernier a accueilli les conférences de nos invités comme prévu. C’est sur des paroles de réconfort et d’espoir que nos amis amérindiens ont clôturé ces trois jours.

La petite Jana prendra (symboliquement) soin de la Loue jusqu’au retour des porteuses d’eau en 2019.

Source :
La marche de la Loue : trois jours pour convaincre France 3 Régions, Isabelle Brunniarus, 2017.09.23

Marche de la Loue

Marche de la Loue

L’événement a eu lieu le weekend du 22, 23 et 24 septembre 2017.

Pourquoi une « marche de la Loue » ?

Cette belle rivière est une rivière mythique. Autrefois baptisée la louve par les anciens, car elle pouvait devenir très rugissante suite aux fortes précipitations, elle est devenue « la Loue ». Elle a inspiré les plus beaux tableaux du peintre Courbet, et a fait venir les plus fins pêcheurs à la truite du monde entier. Aujourd’hui elle fait grise mine.

La lutte pour la protection de l’eau est mondiale, comme doit être la liberté de vivre sur les terres de ses ancêtres avec dignité et sécurité. Pour nos amis Amérindiens, c’est depuis l’arrivée des Européens une longue histoire de guerres, de massacres, de traités rompus, et aujourd’hui de dégradations de l’environnement.

— En Amérique du Nord, des Amérindiennes « porteuses d’eau » cheminent dans le but de sauver les cours d’eau victimes de la pollution. La porteuse d’eau prélève à la source du fleuve ou de la rivière de l’eau dans une cruche puis marche le long de la rivière pour la déposer à plusieurs kilomètres du point de départ et purifier ainsi le cours d’eau. Fawn et Zyanya font partie de ses gardiennes de l’eau et œuvrent selon les traditions de leur peuple. À l’occasion de cette fête exceptionnelle, une petite fille (d’environ une dizaine d’années) a été intronisée en tant que « porteuse d’eau ». Elle porte la charge (bien symbolique) de veiller sur la Loue.

Par cette marche symbolique nous avons voulons soutenir les autochtones américains et leur offrir l’occasion de nous expliquer ce qu’ils vivent et ce qu’ils souhaitent pour leurs peuples. Nous avons tous un rôle à jouer dans la sauvegarde de la planète et la préservation de l’environnement.

Avec nous le nombreux public qui nous a accompagné dans cette marche, le temps d’un week-end, a vécu des moments inoubliables.

Prières et invocation à l’eau :
Ô eau, Le long de tes méandres étroits, là où tu frappes le plus fort
Là où tu t’enroules le plus,
Là où tu t’adoucis,
Entre les mousses suintantes,
Fait que chaque impureté qui nous entrave soit balayée.

Nos invités à la marche de la Loue 2017

Nos invités à la marche de la Loue 2017

Dennis Yellow Thunder

Il s’appelle Dennis Yellow Thunder (Tonnerre Jaune). Il est Sioux Oglala et habite dans la réserve de Pine Ridge (Lakota du Sud) qui est située à quelques kilomètres de la mine d’uranium de Crawford.

Il a été choisi par les « êtres tonnerres » comme « homme medecine » (Heyoka). Il pratique les sept cérémonies sacrées de la Tribu, et est le chef de « la danse du soleil » de Wounded Knee. Il est l’arrière petit fils du chef American Horse, lieutenant de Sitting Bull.

Dennis est chargé de la préservation de l’histoire de son peuple et est le directeur de l’OST (office des affaires culturelles). En tant que représentant du gouvernement Lakota, il travaille à la défense des intérêts tribaux en ce qui concerne la protection de l’eau, les ressources naturelles, les sites et objets historiques, la pratique de la culture et de la spiritualité autochtone. Il se bat depuis plus de dix ans contre la pollution provoquée par les mines d’uranium.

Il est également enseignant au Oglala Lakota College et artiste.

Fawn Galvan

Elle s’appelle Fawn Galvan, elle est la petite-fille d’un grand « homme medecine » paiute et elle en est très fière. Le mot Paiute veut dire, en langue uto-aztèque, « le peuple de l’eau » (Ute : peuple ; Pa : l’eau), il n’y a donc rien d’étonnant qu’elle soit « porteuse d’eau. Son calme, sa gentillesse et sa douceur ne l’ont pas empêché de faire une belle carrière militaire. Elle devient capitaine dans le corps des armées spécialisées dans les guerres biologiques et chimiques. Elle quitte l’armée pour s’occuper d’enfants ayant de graves problèmes physique et mentaux.

Pendant ses loisirs elle danse dans les pow-wow. La couleur bleue de sa robe évoque la couleur de l’eau dont elle est la gardienne.

Zyanya Hawk

Elle s’appelle Zyanya Hawk, elle est la fille de Butch Mudbone, célèbre soul man qui s’est produit plusieurs fois en France et notamment à Besançon et à Ornans. Comme son père, elle est Seneca de la Confédération Iroquoise. Dans notre monde elle est enseignante, dans le sien elle est « porteuse d’eau », et militante pour la cause indienne. Elle a occupé avec les siens le site de Standing Rock contre le projet du pipeline Dakota Access. Son chemin est celui de la reconquête, sa vie est une bataille constante pour la sauvegarde de leurs terres, de leurs droits et de la liberté de vivre et d’exister.

Zyanya parcourt le monde pour témoigner de ce qui se passe dans son pays. Elle représente la jeunesse et les espoirs de son peuple.

Selon la Cour fédérale, la construction de l’oléoduc DAPL est illégale

Selon la Cour fédérale, la construction de l’oléoduc DAPL est illégale

Une victoire pour les Sioux de Standing Rock : selon la Cour fédérale, la loi a été violée avec la construction du pipeline. Cependant, aucune sanction n’a été donnée pour le moment.

Plus de détails dans l’article ci-dessous:
In Victory for Standing Rock Sioux Tribe, Court Finds That Approval of Dakota Access Pipeline Violated the Law – EarthJustice.org 2017.06.14

Vente d’alcool interdite à côté de la réserve de Pine Ridge

Vente d’alcool interdite à côté de la réserve de Pine Ridge

Après une décision unanime et historique, le « Nebraska Liquor Control Board » a décidé mercredi dernier de ne plus octroyer une nouvelle licence de vente d’alcool à quatre boutiques de Whiteclay, situées non loin de la Réserve de Pine Ridge. Pour rappel, ces magasins se sont enrichis et ont fait ravage en vendant de l’alcool aux résidents de la Réserve, où l’alcool était strictement interdit.

Cette décision, qui aurait dû être appliquée le mois prochain, sera reportée de 6 mois cependant, grâce (ou à cause du ?) au concours de l’Avocat Général du Nebraska qui a fait appel à cette décision. En attendant cette date, le recours sera entendu par La Cour Suprême du Nebraska ou la Cour d’Appel.

Plus d’informations en suivant les deux liens ci-dessous.

Journal Star – Whiteclay beer stores to close following dramatic day

BREAKING: Four Nebraska liquor stores selling alcohol to dry Pine Ridge Reservation lose licenses

Livre : Amérindiens d’aujourd’hui

Livre : Amérindiens d’aujourd’hui

Nous vous recommandons chaleureusement la lecture de l’ouvrage Amérindiens d’aujourd’hui – la fierté retrouvée écrit par Martine Pédron, membre de Four Winds, et publié aux éditions Trajectoires.

Après de nombreux voyages au Mexique chez les lndiens Tarahumaras,
Martine Pédron élargit son regard vers d’autres populations amérindiennes.
Dans cet ouvrage, elle nous livre le fruit de ses rencontres avec des
représentants de différentes nations indiennes issues des quatre coins
du vaste continent américain. Parmi d’autres, la parole est ainsi donnée à
un Apache Lipan, un lnnu, une femme païute, un Algonquin, un Navajo, un
Tarahumara, une femme mapuche…

Malgré leur grande diversité, les Amérindiens s’expriment d’une voix
commune. Ils sont aujourd’hui sur le chemin d’une véritable réappropriation
de leurs traditions, de leurs terres, de leurs valeurs, de leurs langues
autochtones et de leurs droits. En dépit de leurs vies marquées par les
tourments de l’histoire, c’est toujours avec fierté qu’ils parlent de leur
culture et de leurs passions. Ce recueil est agrémenté de nombreuses notes
synthétiques de l’auteur sur l’actualité, la culture ou les traditions en lien avec
chaque témoignage.

Pour ces tribus, l’expression artistique est bien souvent le meilleur moyen
de communiquer, de revendiquer, et de se faire l’écho de leurs messages
de partage et de fraternité. Nous croisons aussi des hommes-médecine,
dépositaires des savoirs ancestraux de guérison, et des militants écologistes,
qui voyagent pour nous avertir qu’il est grand temps de prendre soin de la Terre-
Mère avant qu’il ne soit trop tard. Si la transmission aux générations futures est
au cœur de leurs propos, les Amérindiens d’aujourd’hui offrent également une
vision empreinte de sagesse sur le monde moderne et ses travers.


À propos de l’auteure :

Martine Pédron est ethnologue de formation, journaliste freelance, et elle a écrit de nombreux articles sur les civilisations anciennes du Mexique. Elle est aussi l’auteur de Médecine traditionnelle du Mexique, des Aztèques à nos jours aux éditions Dangles et de Soins chamaniques et guérison énergétique, coécrit avec Manu Tlaloc, aux éditions Trajectoire.

Chroniques radio avec Nicole Obomsawin

Chroniques radio avec Nicole Obomsawin

Voici les quatre chroniques réalisées avec Nicole Obomsawin, anthropologue et muséologue de formation, ancienne directrice du musée des Abénakis et responsable des relations autochtones inter-réserves et internationales, professeure d’anthropologie depuis quatre ans au Collège de Kiuna, le seul collège pour les étudiants autochtones au Québec. Avec le concours de Madame Danièle Werren, assistante de production à la RTS et chroniqueuse bénévole à Radio Django. Dans ces sujets, nous avons parlé des Premières Nations du Québec, d’éducation, de Four Winds et de ses pow wow, et des réserves. Certaines émissions ont été enregistrées en live, d’autres préenregistrées. À découvrir ou redécouvrir ! Un grand merci à Danièle de nous avoir permis cet échange riche en émotions.

Qui sont « les premières nations » au Canada?

Les « réserves » au Canada: un lourd héritage!

Les Pow-Wow, un symbole de la culture amérindienne

Un projet d’école amérindienne à Odanak au Québec

À propos de Nicole Obomsawin (Université de Montréal)