La pipe sacrée

La pipe sacrée

Dès le lever du jour, le maitre de cérémonie présente la pipe cérémonielle (Chanunpa) au soleil et appelle les bénédictions du Grand Esprit sur l’épreuve qui se prépare.

Cette pipe que « l’homme medecine » présente à l’astre céleste est, bien sur  par excellence entre tous pour les Sioux, mais aussi pour beaucoup de tribus des plaines,  la pipe sacrée (le calumet comme l’appelaient les blancs).

Employée principalement pour la consécration des actions et la communication avec les esprits, elle est l’objet le plus saint du monde pour leurs utilisateurs. Lorsque le fourneau est joint à la tige, la pipe ainsi reconstituée génère la vie, et la fumée qui s’en dégage et s’échappe vers le ciel sont les prières des hommes aux esprits et à Wakan Tanka (le Grand Esprit).

Nous ne saurions mieux faire pour décrire le symbolisme de la pipe que de laisser parler Archie Fire Lame Deer (homme-medecine Lakota) qui dans son ouvrage ( Le cercle sacré – Mémoires d’ un homme medecine Sioux ) raconte la naissance et l’utilisation pour les Sioux de la pipe sacrée:

« La pipe sacrée nous fut apportée et offerte par Ptesan Win (femme bison blanc), c’est elle qui a appris à notre peuple comment il devait vivre. Impossible de parler de nos cérémonies sans la pipe sacrée. Aucun rituel ne peut être célébré sans fumer la pipe. Fumer la pipe est en soit une cérémonie solennelle. Elle est le lien entre l’homme et le grand esprit par la fumée qui émane de celle-ci […].

La pipe elle-même n’est pas sacrée, mais c’est l’usage que nous en faisons et les prières que nous récitons en fumant qui lui donnent ce caractère. Une pipe n’est qu’un objet matériel, de fabrication humaine, jusqu’au jour où elle est utilisée dans une cérémonie, où on prie avec elle, où elle est vraiment consacrée. C’est alors quelle change de nature. En la tenant au creux de la main, on sent son pouvoir et sa vibration spirituelle ».