La danse du soleil

La danse du soleil

Vous ne verrez pas la « danse du Soleil » au pow-wow d’Ornans, ni dans aucun autre pow-wow. La danse du Soleil est une cérémonie sacrée (et le principal rituel) des Amérindiens des Plaines d’Amérique du Nord. Elle a lieu une fois par an pendant le solstice d’été, durant la pleine lune de fin juin ou début juillet.

Il ne faut pas moins de 12 jours pour aménager le site et l’aire qui accueillera les danseurs (vaste espace circulaire entouré d’abris de branchages pour les parents et amis des danseurs). Un des grands moments de la préparation de la cérémonie est l’abattage de l’arbre choisi par les « hommes medecine ». Les quatre premiers coups donnés à l’arbre le sont par quatre jeunes filles. Puis l’arbre abattu est transporté et dressé au centre de l’aire de danse sans que ses branches aient touché le sol. La cérémonie sera conduite par un « Maitre de Cérémonie », un saint homme qui sert d’intercesseur entre le monde des esprits et les hommes.

Le nom « danse du Soleil » vient de l’expression Lakota Wiwanyank’wacipi qui signifie « ils dansent en regardant le Soleil ».
Chaque Nation pratique ses propres rituels, mais ces cérémonies possèdent de nombreux traits communs. On peut citer l’Okeepa des Mandans (aujourd’hui disparue avec la tribu qu’une épidémie de variole décima au début du 20e siècle) , la danse du soleil des Crow (liée à la guerre), la cérémonie du renouveau de la vie des Cheyennes qui se déroule au printemps. Chez les Sioux elle implique l’automutilation de la poitrine, du dos et des bras.

L’objet de cette cérémonie est de s’offrir en sacrifice au Grand Esprit et de prier pour la communauté, le peuple et toutes les choses créées par le Grand Esprit. Relié à l’arbre de vie, par des lanières accrochées à son corps, en communication directe avec Wakan Tanka (le Grand Esprit), le danseur voit ses chairs se déchirer lorsqu’il se jette en arrière, au moment indiqué par le guide de la danse. Certains danseurs choisissent de courir autour de l’aire en traînant des crânes de bison jusqu’à ce que les crochets d’os s’arrachent de leurs épaules.

Tous les danseurs portent des bracelets de sauge, une couronne et un sifflet fait d’un os d’aigle (l’oiseau sacré). Ce rite qui peut durer de 3 à 4 jours selon les tribus est accompagné de jeûnes et de visions.

C’est un moment de purification collective ou chacun doit manifester sa générosité, son dévouement et sa force d’âme. La règle veut que toute personne animée de mauvaises pensées ou intentions ne puisse assister à la cérémonie. C’est aussi le moment de se rappeler les quatre vertus cardinales (prônées par les Lakotas) : courage, sagesse, force d’âme, générosité.

Interdictions

Dès 1880, le gouvernement canadien suivi par le gouvernement fédéral des États-Unis, en 1904, interdisent ces célébrations jugées « barbares ». Ceux qui les pratiquent sont inculpés de ce qui est qualifié de « délit indien ». Bien qu’interdites elles continueront à être pratiquées en secret à l’extérieur des réserves». Cette interdiction, perçue comme la continuité d’un ethnocide programmé, a ajouté une dimension politique et identitaire à ce rite culturel et religieux. Aujourd’hui il s’est étendu à de nombreuses nations du Sud-ouest américain et du Canada. Il est devenu l’une des expressions de la résistance des peuples autochtones, qui se sont réappropriés des savoirs et des pratiques autrefois interdits».

Origine de la danse du Soleil

La danse du Soleil est considérée comme l’un des sept rites sacrés donnés aux Lakotas par « Femme Bison Blanc » (Ptesan Win) : « Cette danse sera une offrande de nos corps et de nos âmes au Grand Esprit et sera pleine de mystère. […] Puissent les quatre pouvoirs de l’univers nous aider à accomplir ce rite ! Ces paroles fondatrices expriment l’essentiel du rite : un sacrifice des corps et des esprits et une forte dimension cosmique.