Femmes chirurgiennes autochtones

Femmes chirurgiennes autochtones

 

Donna May Kimmaliardjuk est chirurgienne cardiaque 

Elle est la première chirurgienne Inuite 

 

« Alors que j’avais 6 ans mon père m’a raconté que son papa était mort des suites de la maladie de Lou Gehrig, c’est pourquoi je n’ai pas eu le temps de le connaître », raconte Donna May profondément marquée par cette histoire.

Parce qu’elle ne voulait pas que ses proches subissent le même sort, Donna May a longtemps pensé devenir neurochirurgienne. Mais voilà, à la faculté de médecine, elle découvre la spécialité cardiaque et de nouvelles possibilités s’ouvrent à elle.

« S’occuper d’un cœur, c’est avoir un impact positif et direct sur la vie de la personne. Les chirurgies du cœur sont complexes. On doit souvent s’occuper de patients âgés et malades. Il y avait là des défis que je voulais surmonter, et un rêve que je voulais réaliser », raconte la jeune femme de la communauté Inuite de Chesterfield Inlet (côte ouest de la Baie d’Hudson.).

En mars 2018, elle a été récompensée du « prix Indspire », représentant le plus grand honneur que la communauté autochtone accorde à ses membres les plus méritants.

« Être considérée comme la première chirurgienne cardiaque Inuite est un titre lourd à porter, mais j’en suis fière si cela est perçu comme un message d’encouragement pour les plus jeunes », souligne-t-elle.

D’après l’article d’Ismaël Houdassine écrit le 23 janvier 2019

Avant elle nous connaissions Lori Arviso Alvord: première femme chirurgien navajo

Lori Arviso Alvord, première femme navajo chirurgienne et auteur du livre The Silver Bear and the Scalpel, a dû apprendre à s’affirmer, afin de pouvoir s’imposer comme un chirurgien réputé.

Le docteur Ron Lujan, son professeur, lui-même issu d’une des communautés indiennes de la région des Four Corners (les Pueblo), ne cessait de lui répéter qu’elle devait fournir davantage d’efforts qu’un étudiant blanc pour parvenir à se faire respecter par le corps médical.

Après de brillantes études à Dartmouth, au contact des autres étudiants blancs, Lori était devenue étrangère à sa propre culture. Disséquer des cadavres, poser des questions d’ordre privé dans le but de trouver les causes de la maladie, affirmer la primauté de l’individu sur les décisions prises par la famille ou le clan, travailler dans l’urgence sont contraires aux valeurs et comportements de son peuple.

Lori dut donc trouver un équilibre entre les exigences imposées par l’exercice de la médecine occidentale et ses valeurs humaines imposées par la culture navajo et ses propres convictions.

Aujourd’hui, elle opère ses patients en recréant avec eux le sens d’harmonie cher aux praticiens traditionnels navajo.

« J’étais peut-être une bonne chirurgienne mais je n’étais pas une bonne guérisseuse. Dans notre vie, tout est lié. Il faut être conscient que la maladie ou la guérison dépendent de notre capacité à maintenir de fortes et solides relations dans chaque aspect de notre vie ».

Quand le temps sera-t-il venu pour nos propres médecins de comprendre que dès qu’il y a de la vie, il y a des sensations et  des émotions qui contribuent à notre bien-être et à notre santé ?  Et qu’en conséquence il ne peut y avoir de guérison sans bienveillance, compassion, écoute, compréhension et humilité de la part du médecin.