DES PEUPLES DIFFERENTS….UNE PENSEE SOUVENT COMMUNE.

DES PEUPLES DIFFERENTS….UNE PENSEE SOUVENT COMMUNE.

Pour un public non averti l’indien est un redoutable cavalier nomade, coiffé de plumes d’aigles qui habite un tipi.
Cet indien là, dont tout le monde à retenu l’image n’a pourtant jamais représenté plus de 2 % des amérindiens.

Cette perception véhiculée pendant des décennies par Hollywood a fait place aujourd’hui à une autre croyance qui est celle de la disparition des indiens. Les indiens, pensent certains, il n’y en a plus !

Il en reste tout de même 70 millions (dernière estimation) répartis sur les 3 Amériques (Amérique du Nord, Amérique Centrale et Amérique du Sud).
Issus d’une véritable mosaïque de cultures, chaque grand ensemble a développé une activité et un mode de vie en symbiose avec les conditions climatiques, et les ressources naturelles dont ils disposaient. Leurs us et coutumes, leurs langues, leurs croyances, leurs rites et souvent leurs aspects physiques peuvent être très différents (un Indien mesure moins de 1 m 60 en Amazonie, et plus de 1 m 80 au Nord des grandes Plaines).
Leurs mythologies étaient aussi nombreuses que les différents groupes qui habitaient le pays. Chaque tribu avait sa propre interprétation du monde surnaturel et de la place qu’ils occupaient dans ce monde.

Après des siècles d’acculturation et de christianisation il n’est pas toujours facile de retrouver leurs cultures et croyances originelles. Nous savons cependant que de tous temps la spiritualité a occupé une très grande place dans la vie des premiers peuples des Amériques. Dans leurs activités quotidiennes ils ont toujours exprimé un immense respect envers la nature avec laquelle ils vivaient en communion.

Notre propos, aujourd’hui, n’est pas de procéder à un inventaire complet de leurs dissemblances mais plutôt de ce qu’ils partagent en commun depuis toujours.
Ils ont en commun :

Un même respect pour la terre Mère (la nature)
La Terre est leur mère, la « mère nourricière ».
La première chose qu’on apprend à l’enfant dans la tradition amérindienne, c’est qu’il est un fils de la Terre et qu’il doit la respecter. Le premier centre de l’homme est cette terre qu’il a sous ses pieds, et qui est sacrée.
Toute forme de vie est aussi sacrée.
Tout ce qui est dans la nature depuis l’être vivant jusqu’à la pierre, participe au lien sacré de la vie. L’homme n’est pas un être supérieur, comme toutes choses il appartient à la vie et doit accomplir sa mission sur terre. Son premier devoir est de respecter la nature. Le respect est un des enseignements les plus fondamentaux pour les amérindiens.
Chaque chose, chaque animal sur cette terre est digne d’un respect qui nait d’un amour profond pour l’Univers.

« Traitez bien la terre, elle ne vous a pas été donnée par vos parents, elle vous a été prêtée par vos enfants. Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. » – Proverbe amérindien

La croyance en la présence des Esprits (tout est animé)
Toute chose est habitée par un esprit.
La frontière entre le monde visible et le monde des esprits n’existe pas et ces croyances s’expriment dans leur vie de tous les jours.
Selon la tradition amérindienne, nous devons rester à l’écoute du surnaturel pour préserver l’harmonie dans le grand cercle de la vie.
A l’origine les Amérindiens sont animistes et conçoivent le monde comme un « Grand Tout » dans lequel les éléments naturels et surnaturels coexistent.
Au sein du « Grand Tout », l’indien se perçoit d’une certaine façon comme un « échangeur de Nature » : il donne à l’univers et reçoit tout de lui ; il emprunte un peu et restituera la totalité.

Ainsi, l’Indien est-il humble vis-à-vis de la Nature, donc de lui-même puisqu’il a le sentiment profond que ces deux entités ne font qu’un. Jean –Patrick Costa – Ethno pharmacologue

L’importance du souffle :
Le souffle, c’est aussi l’air et le vent. L’air est partout autour de nous, et sans air la vie n’est pas possible.
Lorsque l’enfant vient au monde c’est le souffle du vent qui lui donne une « âme ». C’est son premier lien avec l’univers. C’est la vie ! A son dernier souffle, son esprit s’envolera pour regagner le « Grand Tout ».
C’est le vent qui donne aux êtres vivants la force et l’endurance. C’est du souffle des chamanes que vient la guérison.
Par souffle nous entendons à la fois le souffle vital en chaque être humain, mais aussi le souffle de l’univers. Il est force de Vie, acte créateur et moteur invisible de tout ce qui est. A ce niveau, le souffle ne peut être dissocié de la Conscience.

« O Grand Esprit dont j’entends la voix dans les vents et dont le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi
Je viens vers toi comme l’un de tes nombreux enfants … ». – Prière Objiwa

Un monde cyclique :
Si pour nous le temps est linéaire, pour les autochtones il est cyclique.
Pour eux, les forces du monde procèdent toujours dans un cercle. Le ciel, la lune, la terre et le soleil sont ronds, les jours et les nuits se succèdent, le vent tourbillonne quand il se déchaîne et les saisons se suivent et reviennent invariablement.
L’homme n’échappe pas à cette règle : il vit et meurt, et revient en esprit auprès des siens.

Dans le cercle il y a quatre points cardinaux : les quatre vents (Four WINDS) qui sont quatre forces (énergies spirituelles) qui agissent sur tout ce qui se passe ou existe. La vie (et donc notre vie) dans la tradition amérindienne est tributaire de ce cercle qui est sacré.
Dans une culture qui ne reconnaît ni dogme, ni maître à penser, la roue médecine fait office de guide de vie, de règles de conduite, de bible.
Décrire et expliquer la roue médecine en quelques lignes est une mission impossible car les connaissances qu’elle renferme ouvrent les portes de dimensions infinies.
Les amérindiens transmettaient très tôt à leurs enfants la connaissance de l’espace dans lequel ils se mouvaient et la conscience que cet espace était sacré, donc digne de respect et source d’équilibre et d’harmonie.
A préciser que sans l’harmonie il n’y a pas de bien être donc de santé.
« La conscience grandissante des problèmes écologiques amène à penser que l’idée propre au Cercle Sacré de la vie puisse représenter une valeur de survie plus sûre que les concepts évolutionnistes qui ont guidé la révolution industrielle et créé l’actuelle crise mondiale. Tout cela laisse croire que les valeurs amérindiennes peuvent redonner l’espoir à toute l’humanité ». – Bruce G. Trigger – université McGill

Le recours à la prière :
Les prières amérindiennes sont aussi courtes que simples et touchent essentiellement la santé et l’harmonie avec le groupe. En général, l’autochtone prie plus pour les autres que pour soi-même.
La prière, c’est plus souvent pour remercier que pour demander

« A chaque fois que nous prions, nous finissons nos prières par les mots “MITAKUYE OYASIN” (Nous sommes tous reliés). Avec cette petite phrase, nous prions pour toutes les choses ». – Chief Archie Fire Lame Deer

Le temps présent :
Ici et maintenant.
L’instant présent constitue un élément important de la pensée amérindienne. Vivre l’instant présent, c’est s’identifier au temps qui s’écoule. Tout alors est possible puisque tout à lieu dans le présent de la pensée.

« Que le passé ne soit plus, que l’avenir ne soit pas encore, ce n’est pas faux : c’est au contraire la stricte vérité, et même leur définition. Le vrai problème porte sur le présent. On a le sentiment qu’il est insaisissable, voire inexistant, parce que personne ne peut l’arrêter. Qu’on ne puisse pas l’arrêter, là encore, c’est très vrai. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas ! Prenons l’instant présent : à peine l’ai-je évoqué que déjà il n’est plus. Soit. Mais qu’est-ce qui l’a remplacé ? Un autre instant présent ! Si bien que nous ne quittons jamais le présent : c’est toujours aujourd’hui, c’est toujours maintenant. Si nous ne pouvons saisir le présent, ce n’est pas parce qu’il nous fuit : c’est parce qu’il nous contient. Ce n’est pas parce qu’il n’est rien : c’est parce qu’il est tout. Comment la vague pourrait-elle saisir l’océan ? ». – André Comte-Sponville (Philosophe français)

Certains pourront penser que ce sont là des « images d’Epinal ». Dès que l’on fait des généralisations sur un peuple on peut raisonnablement avancer que l’on rentre dans le cliché et que l’on réduit ainsi les particularités.
Nos explications sont il est vrai un peu stéréotypées et nous vous prions de nous en excuser. Elles visent avant tout à informer un large public pas toujours renseigné sur ces peuples. Elles sont toujours accompagnées de réflexions et d’écrits de sages amérindiens ou de spécialistes.

En venant au pow-wow fin juin, à Ornans, vous aurez l’occasion d’approfondir ce sujet, et de rentrer avec nos amis amérindiens dans les particularités.